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On a maté « La route de la soif » présentée par JoeyStarr (et on a pas aimé)

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Chaque mardi à 21h50 du 23 janvier au 6 février Viceland et JoeyStarr nous emmènent sous le soleil des caraïbes, sur la route du rhum, à la découverte de l’histoire de ce divin nectar et des îles qui l’ont vu naitre. Sur le papier « La route de la soif » ça a franchement de la gueule, et on aurait vraiment aimé aimer. Mais en vrai ça l’a pas fait pour nous.

JoeyStarr, on kiffe son son, on kiffe l’acteur, et on kiffe même le bonhomme, ou tout au moins son image médiatique : écorché vif, bourru, sulfureux, mais franc-tireur et toujours prêt à foutre un coup de griffe bien senti là où ça fait le plus mal. Vice, dans l’esprit, on peut kiffer aussi : liberté de ton, contre-culture, même si dans les faits ça tourne souvent au racolage, pourquoi pas. Le rhum, on kiffe aussi, évidemment, on n’est pas des bêtes.

Forcément quand on est tombé sur le programme proposé par Viceland, chaine du groupe Canal, on était légèrement comme des dingues : une série de documentaires, aux Caraïbes, pour découvrir les distilleries de rhum locales, avec le grand Jaguar Gorgone aux manettes, ça sentait bon la canne sur pied cette affaire. Le tout agrémenté d’un peu d’histoire, de culture… ça avait de la gueule. Bon, on va pas crier au génie non plus parce qu’on a un peu l’impression que les mecs ont repris le concept de « A pleines dents », sauf qu’ils ont remplacé Depardieu par JoeyStarr, les cochons par des cannes à sucre, et les grosses plâtrées en tout genre par des godets de rhum. Ce qui n’en fait pas une mauvaise idée pour autant.

C’est quoi qui coince alors ?

Bah ce qui coince en fait c’est un peu tout ; le fond comme la forme. Evidemment le bonhomme est sympathique, mais très rapidement on voit bien que c’est pas son taf, et qu’il est beaucoup plus à l’aise pour descendre les godets de rhum qu’on lui sert, que pour envoyer la balle à ses différents interlocuteurs. Du coup forcément, ça tourne un peu court, et à part quelques images sympas, y’a pas grand-chose qui en ressort. Là où c’est délicat, c’est qu’on s’en rend compte, et que Joey semble s’en rendre compte aussi. Il se met donc à surjouer, à enchaîner les vannes maladroites et les pitreries qui tombent toujours un peu à côté. On a parfois un peu l’impression d’assister au dernier tour de piste d’un vieux clown qui cherche à accrocher la lumière par tous les moyens. Ce qui rend la gêne assez palpable.

De même, l’idée d’agrémenter le docu de sa voix en off était plutôt bonne : d’origine caribéenne et sans doute sincèrement passionné de rhum, il a la légitimité pour incarner le truc, et les auteurs ont fait du bon boulot : le texte a de la gueule. Mais là encore, l’exécution pêche un peu, la diction est hachée, et le rendu poussif.

Y’a aussi un petit craquage ou deux. On n’est pas bien sûr de comprendre l’intérêt de voir Joey s’envoyer un petit tour de jet ski en plein milieu de l’émission. Ni d’apprécier de le voir échanger cordialement avec Hervé Damoiseau, qu’est sans doute pas le plus grand humaniste qui soit*.

Et puis le pire c’est que côté rhum, on reste clairement sur notre soif. Au milieu de tout ce cirque, on n’apprend pas grand-chose de nouveau sur notre eau de feu préférée, alors qu’il nous avait semblé que c’était plus ou moins la promesse du truc. C’est un peu le comble.

Tous les foies sont dans la nature

Bon, nous on n’a pas kiffé, et on n’a pas réussi à dépasser la première vanne du second épisode, mais faites-vous votre propre avis. Le replay est dispo sur Mycanal pour les chanceux qui y ont accès. Et si vous kiffez, faites nous le savoir en balançant quelques noms d’oiseaux sur notre page Facebook. De notre côté, on se contentera de réécouter les pépites de NTM, et même certains des morceaux « solos » du sieur Morville. Celui-là, ou celui-là par exemple. Et une petite redif’ de Polisse pour faire passer le tout. Parc qu’au fond, on le kiffe vraiment le pépère.

*Lors de la grève de 2009 qui avait paralysé l’île pendant 44 jours, ce brave Hervé aurait déclaré : « Et puis, puisqu’on se plaint autant de la Guadeloupe et de son système, eh ben, les Guadeloupéens sont en grande partie Sénégalais, qu’est-ce qui leur empêche d’aller visiter le Sénégal, pour voir si on est mieux au Sénégal qu’en France puisque le pouvoir colonialiste est si désagréable que ça ».